Prédateur du revenu

La campagne des élections syndicales Conf a été le moment de discussions sur la notion de prédateur du revenu, qui était au début un chapeau comprenant trois choses distinctes : le sanitaire (FCO, MHE, grippe aviaire…), la prédation (lynx / loup, ours, chiens errants / chasse…) et le capitalisme (grands groupes, multinationales, distribution).
Avec le temps, durant l’été, suite aux licenciements annoncés de producteurs par Lactalis, on a eu l’autocollant contre Lactalis qui affichait une tête de loup.
Malgré le fait que le loup n’avait rien à faire là-dedans, pour une efficacité du discours, on a mélangé les notions et animalisé Lactalis.
C’est comme les éleveurs qui mettent en slogan « ne nous laissons plus tondre » ou « plus traire » : un autogoal idéologique.
Quand je vois cette formule reprise sans critique dans Correspondances paysannes, ou que le discours de combattre avec le vivant cher aux Soulèvements de la Terre devait exister, je me demande pourquoi on mélange tout.
Ne pas nommer précisément, c’est ne pas pouvoir combattre. Je ne me bats pas pareil avec des épidémies que l’on subit (vaccin ou pas) que contre un prédateur (chien de protection ou pas),ou encore contre le capitalisme, où là j’ai besoin des autres pour faire front commun et coopérer, voire communiser.
OUI, ON DIT L’HOMME EST UN LOUP POUR L’HOMME, MAIS ARRÊTONS D’ANIMALISER NOS HORREURS : l’homme a fait les génocides, la guerre, la spéculation, la famine et les autres horreurs.
Le loup tue des bêtes (des fois un peu trop, car bourrin), mais ce ne sera jamais aussi cruel que l’homme, avec ou sans bombe atomique.
Assumons-nous dans le meilleur et le pire et fichons la paix aux animaux.
Humain quand même, et éleveur.


